samedi 3 septembre 2011

Hommage à Michel Grimaud



Jean Louis Fraysse nous a quitté le 27 juillet au cœur de l'été. Avec cette disparition, c'est l'œuvre de Michel Grimaud qui s'éteint. Cette œuvre écrite à quatre mains et à deux cœurs avec Marcelle Perriod s'achève plutôt qu'elle ne s'éteint car les livres demeurent. Voilà donc une chronique sous forme d'hommage à la vie et à l'œuvre de Michel Grimaud.

« Un cave dans le Charbon : ce titre, avec son petit côté Simenon, est un appel à ouvrir le livre. Grand bien vous fasse ! Un pur moment de plaisir ! J'avais d 'abord pensé attaquer cette chronique sous l'angle Delicatessen car il y a un aspect très cinématographique dans ce huis-clos situé dans l'immeuble du 42, rue Saint Sauveur, dans cette galerie de personnages hauts-en-couleurs. En lisant, je me faisais même une sorte de casting avec dans le rôle de Francois Clavère, jeune dessinateur de presse, un type genre Gad Elmaleh à la fois séduisant et sympathique. Finalement, j'ai changé d'avis en progressant dans la lecture. Abandonnons tout de suite l’adaptation cinéma de ce livre - mais avis aux adaptateurs vous tenez là un petit bijou - je vous livre donc un billet parfumé au plaisir. Car c'est le mot qui vient en lisant Un cave dans le Charbon.
Plaisir que procure ce livre plein de fantaisie et d'humour, à l'exemple de cette scène cocasse dans laquelle Colin nous livre la solution pour se débarrasser des sabots de fourrière : avoir un bon chalumeau dans son coffre.

Plaisir à la lecture d'un style alerte et vif reflétant le plaisir qu'on prend à suivre des personnages à la fois truculents et surprenants. Et, je compte parmi les personnages le sympathique ami canin répondant au doux nom d'Otite, sorte de Milou câlin et perspicace dont la truffe est un élément clef du roman. Que serait Tintin sans Milou ? Que serait François Clavère sans Otite ? Alors, bien sûr, on ne peut que se féliciter que les recettes de Violette Magnan ne fonctionnent pas car on se prend de sympathie pour le complice canin du jeune François, lui-même tiraillé de toute part entre les mauvais coups des habitants de l'immeuble, les soupçons et les angoisses liés à un voisinage peu amène, les amours dualistes de la belle Catherine. 

On est sans cesse surpris par les rebondissements de ce livre roboratif. Jusqu'à la dernière page, François et les intrigants habitants de cet immeuble nous tiennent en haleinequ'ils soient homosexuels,  péripatéticiennes à horaire fixe, présumé pédophile véritable brocanteur, commerçants de prêt-à-porter véreux, japonais francophone mais muet, dealer occasionnel et disputailleur perpétuel, tenancier de bar proxénète et protecteur de la race canine. Les intrigues s'enchaînent, les personnages se voilent et se dévoilent au fil des pages. Et ce ne sont pas les lecteurs de Navarre qui diront le contraire ! Sur cette phrase mystérieuse... À bon entendeur. »

Vous l'avez compris, un Cave dans le Charbon, c’est le plaisir de lire, de vivre, la truculence et la délicatesse. 

Un héritage précieux que nous lèguent Marcelle Perriod et Jean Louis Fraysse. À nous, qui les avons appréciés, de le faire vivre désormais. 

( Christian F)

  
En tant qu'administrateur de ce blog, et ami blogueur (dans une autre sphère) de Jean Louis Fraysse, j'ai choisi d'illustrer le billet du Président par la photo du couple Perriod/Fraysse . 

Cette photo parle d'elle-même. Elle exprime par ces sourires toute la discrétion , l'humanité et la gentillesse que j'ai ressenties lors des échanges  que j'ai eu avec Jean-Louis Fraysse durant ces quinze derniers mois.

Jean Louis avait accepté chaleureusement de venir à PAN pour signer quelques livres...

Je voulais qu'on puisse voir son visage ainsi que celui de sa compagne.

(A. T, CaptainHaka) 

6 commentaires:

  1. Ce n'est pas loin de chez moi.
    J'essaierai de venir.
    Merci pour ce billet-hommage !

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  2. Merci à tous pour vos commentaires. Pardon de vous répondre si tard ...

    Solveig, n'oublie pas d'aller voter avant :)

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