vendredi 13 juillet 2012

Polar et branquignoles


La première idée qui m’est passée par la tête quand j’ai reposé cette BD c’est : "il faut être Belge pour écrire une histoire comme ça", puis juste après "qu’est-ce que j’aimerais être Belge pour écrire une histoire pareille".

Braquage et bras cassé fait partie de ces histoires inclassables mais terriblement réussies, sombres mais drôles, caricaturales mais justes, ces histoires que l’on a envie de faire partager.

La narration est construite à la manière d’un puzzle (où chaque pièce prendra sa place en temps voulu) et d’un récit chorale (3 histoires s’entrecroisent pour au final n’en former qu’une).

Elle débute tambour battant avec la fuite de deux types cagoulés sortant de l’abbaye de Val-Dieu où ils viennent de cambrioler une exposition d’objet de culte d’une grande valeur. On croisera ainsi Eddy le flic en fin de carrière, Boule le garagiste véreux, Gaz et Dante ses deux glandeurs de fils, Manu qui se voit l’ennemi public n°1… Ces protagonistes vont de gaffes en bévues et prêtent à sourire,  mais sans jamais rompre la ligne noire que s’est tracée ce polar. Le juste dosage des deux est tenu jusqu’à son dénouement. Bravo Benjamin Fischer.

Nous avons donc un excellent récit mais dans la BD ça ne fait pas tout ! 

Le dessin en lavis noir et gris de Georges Van Linthout s’impose comme une évidence sur ses décors d’industries en ruine et de banlieues agonisantes où la ville de Liège fait figure de cité en renoncement. Le réalisme cru de l’environnement renforce encore la dimension des personnages.

Une belle réussite qui aurait pu être accueillie par de grandes collections (Cf. Casterman/Rivage noir) mais qui a trouvé toute sa place dans le catalogue de La boite à bulles.


N. Thévenot.

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